Une période d’arrêt maladie ne se limite pas à une parenthèse imposée dans une trajectoire professionnelle. Pour beaucoup de salariés, ce temps suspendu fait émerger des doutes, mais il peut aussi ouvrir la porte à une dynamique nouvelle : celle de la formation. Loin de l’idée reçue selon laquelle la convalescence imposerait l’inactivité, se former pendant un arrêt maladie devient une alternative concrète, à condition de bien cerner les règles du jeu, tant vis-à-vis de l’employeur que des organismes sociaux. Entre droits à mobiliser et démarches à anticiper, la route vers l’apprentissage en période d’arrêt demande un certain éclairage.
Les droits à la formation pendant un arrêt maladie
Quand le rythme professionnel s’interrompt brusquement pour cause de maladie, la question du devenir et de l’avenir professionnel s’invite souvent. Or, l’accès à la formation reste ouvert, sous réserve de respecter plusieurs étapes. La première consiste à obtenir un accord explicite du médecin traitant : c’est ce feu vert, écrit noir sur blanc, qui garantit que la démarche de formation ne compromettra pas la récupération du salarié.
Une fois cet aval médical obtenu, la CPAM prend le relais. Elle examine la demande au regard de la durée de l’arrêt et des capacités à suivre le parcours envisagé. Si la CPAM donne son accord, le salarié peut alors poursuivre sa formation tout en continuant à percevoir ses indemnités journalières. Il reste toutefois impératif de vérifier que le dispositif choisi respecte bien les critères fixés par la CPAM : la formation ne doit pas contrevenir aux exigences de l’arrêt maladie.
Il convient aussi de rappeler que, pendant toute la durée de la formation, le contrat de travail reste suspendu. Ce point de droit protège le salarié, car il garantit le maintien des indemnités journalières et évite toute confusion avec du temps de travail effectif. Cette séparation nette entre formation et activité professionnelle préserve la sécurité sociale du salarié, tout en ouvrant la voie à l’acquisition de nouvelles compétences. Respecter ces démarches, c’est se donner la chance de revenir dans l’entreprise avec un bagage enrichi, sans perdre la protection dont on bénéficie pendant l’arrêt.
Modalités pratiques pour se former durant un arrêt maladie
Pour celles et ceux qui souhaitent profiter de cette période pour évoluer, plusieurs options concrètes existent. Le Compte Personnel de Formation (CPF) constitue la première ressource : il permet de financer des formations variées, dès lors que leur éligibilité est avérée et que le solde disponible suffit à couvrir les coûts pédagogiques.
Un autre choix consiste à réaliser un bilan de compétences. Cette démarche structurée offre la possibilité de faire le point sur son parcours, ses aptitudes et d’imaginer une nouvelle orientation. Comme pour toute formation durant un arrêt maladie, l’accord du médecin traitant et celui de la CPAM restent obligatoires, pour assurer la compatibilité du projet avec l’état de santé du salarié.
La Validation des Acquis de l’Expérience (VAE) s’impose aussi comme une solution pertinente. Ce dispositif permet de valoriser officiellement l’expérience acquise au fil des années, en obtenant un diplôme ou un titre professionnel. Là encore, le passage par l’autorisation du médecin et de la CPAM garantit que la démarche s’inscrit dans le respect de la situation médicale du salarié.
Le rôle de l’employeur et les dispositifs accessibles
L’employeur, informé de la volonté d’un salarié en arrêt maladie d’entamer une formation, doit composer avec de nouvelles obligations. D’abord, il doit être tenu au courant de l’accord de la CPAM ; cette information impacte la gestion interne des ressources humaines. Même si le contrat de travail est suspendu durant la formation, l’employeur conserve certains droits et obligations, notamment sur le plan du maintien des indemnités journalières.
En cas de désaccord ou de contentieux, notamment lors d’une procédure de licenciement,, le salarié a la possibilité de porter le litige devant les prud’hommes, avec l’appui d’organisations syndicales comme la CFTC. Pour limiter les risques de conflits, il importe que l’employeur maîtrise bien les règles qui régissent la période de formation en arrêt maladie.
Quant au salarié, il peut solliciter l’aide du Comité Social et Économique (CSE) ou de la Commission Santé, Sécurité et Conditions de Travail (CSSCT). Ces instances jouent un rôle actif pour conseiller, informer et accompagner les salariés dans leurs démarches liées à la formation professionnelle durant un arrêt.
Études de cas et témoignages de salariés formés en arrêt maladie
Pour mieux saisir ce que recouvre la formation pendant un arrêt maladie, quelques exemples concrets s’imposent. Claire, graphiste en entreprise, a suivi une formation en webdesign financée par l’Agefiph, suite à la reconnaissance de son statut de travailleuse en situation de handicap (RQTH). Son retour d’expérience est sans équivoque : « La formation a été un vecteur de réadaptation au travail et d’enrichissement professionnel indéniable ». L’accompagnement par des structures spécialisées, comme l’Agefiph, s’avère souvent décisif pour franchir le pas.
Autre situation emblématique : Julien, technicien de maintenance, a pu bénéficier d’une formation assurée par Pôle emploi pendant son arrêt. Il souligne l’importance de la continuité des indemnités journalières, qui lui a permis de se consacrer pleinement à sa montée en compétences. La coordination entre Pôle emploi et la CPAM a été déterminante pour que la formation se déroule sans rupture de droits.
Ces histoires illustrent le rôle pivot d’acteurs tels que le CSE, la CSSCT, l’Agefiph et Pôle emploi dans l’accompagnement des salariés en arrêt maladie qui choisissent de se former. Elles rappellent la diversité des parcours, l’importance de bien connaître ses droits et la nécessité d’un accompagnement adapté à chaque situation particulière. Prendre l’initiative de se former durant un arrêt maladie, c’est parfois changer la donne pour la suite de sa carrière. Et si demain, cette parenthèse imposée devenait le tremplin d’un nouvel élan professionnel ?


