S’inscrire dans l’un des dix Instituts d’Études Politiques français, ce n’est pas simplement cocher une case sur Parcoursup. Le choix de votre IEP ne doit rien au hasard. Paris attire la lumière, mais derrière cette façade, chaque établissement cultive une identité propre, façonnée par ses spécialités et ses débouchés. Derrière le mythe, la réalité : c’est surtout votre projet professionnel qui doit orienter votre décision, car toutes les formations ne débouchent pas sur les mêmes horizons.
Comment choisir son IEP ?
Avant de fixer votre regard sur un institut, prenez le temps de poser les bonnes bases. Beaucoup d’étudiants s’en tiennent à des paramètres pratiques, parfois au détriment de leur avenir. Rester proche de chez soi pour éviter un déménagement, par exemple, peut sembler tentant. Les raisons géographiques comptent, bien sûr, mais ne devraient pas faire toute la décision. Le coût des études mérite aussi réflexion. Les frais d’inscription sont progressifs dans la majorité des IEP, calculés selon la situation fiscale de vos parents. À Bordeaux, le plafond flirte avec 6 300 euros, tandis qu’à Lyon, il s’établit à 3 770 euros.
Votre orientation doit aussi résonner avec votre projet professionnel. Selon les spécialisations de chaque IEP, le contenu des enseignements varie. Une ambition tournée vers l’international ? Certains instituts vous ouvrent les portes des stages à l’étranger. D’autres privilégient les cursus orientés vers l’entreprise ou la gestion publique. Avant de statuer, pesez chaque aspect : spécialités, ouverture à l’international, partenariats, réseau, possibilités de stages. Les nuances font la différence.
Les 10 IEP français et leurs spécificités
Pour vous aider à y voir plus clair, voici un aperçu des dix IEP et de ce qui fait leur singularité.
Sciences Po Lille
Fondé en 1991 et affilié à l’université Lille-II, cet institut se distingue par sa sélectivité. C’est la destination privilégiée pour celles et ceux qui visent le journalisme et les métiers voisins. Dès la première année, les étudiants s’immergent dans les fondamentaux : science politique, droit, histoire, sciences humaines. Les parcours proposés couvrent notamment Politique et Économie, Stratégie et communication, Affaires publiques et gestion des biens communs.
Sciences Po Rennes
Ouvert la même année que Lille, l’IEP de Rennes s’ancre dans l’université locale. Il s’oriente résolument vers les métiers du local et de l’urbain. Un stage à l’étranger d’au moins six semaines marque la fin du premier cycle. Le second cycle déploie des enseignements sur les politiques publiques, les affaires internationales, le management des organisations et d’autres domaines proches.
Sciences Po Toulouse
Présent depuis 1948, l’IEP toulousain se démarque par une solide offre en relations internationales et sciences humaines. Le premier cycle mêle sciences politiques, langues vivantes, et ouverture culturelle. Ensuite, les étudiants peuvent affiner leur trajectoire en choisissant parmi plusieurs spécialisations.
Sciences Po Lyon
Né en 1948, cet institut, en partenariat avec l’université de Lyon, propose durant le premier cycle des enseignements en histoire, économie, droit, et bien sûr sciences politiques. À partir du second cycle, le choix s’élargit à 17 spécialités, dont la gouvernance, les affaires européennes ou encore le management.
Sciences Po Aix-en-Provence
Depuis 1956, l’IEP d’Aix-en-Provence suit la logique LMD. Les deux premières années sont consacrées aux acquis de base : droit, sociologie, histoire, sciences humaines et sociales, langues étrangères. Dès la troisième année, l’international prend le relais avec des stages à l’étranger. L’institut affiche d’ailleurs 42 accords de partenariat dans le monde, un atout non négligeable pour ceux qui rêvent de mobilité.
Sciences Po Saint-Germain-en-Laye
Dernier-né du réseau, ouvert en 2013, ce jeune institut place la ville au cœur de sa formation. Le premier cycle explore l’histoire contemporaine, la sociologie, le droit, l’économie et les sciences politiques. Par la suite, deux grands axes s’ouvrent : métiers de l’Europe et de l’international, ou métiers du droit et de l’action publique.
Sciences Po Paris
Fondé en 1872, c’est le doyen et la figure de proue des IEP français. Sciences Po Paris brille par ses partenariats avec de nombreuses universités étrangères et par la diversité de ses campus en Provence. Pour celles et ceux qui aspirent à la haute fonction publique, l’institut propose une préparation aux concours administratifs, passage fréquent pour les futurs administrateurs et hauts fonctionnaires. Les spécialités couvrent la gouvernance internationale, la diplomatie, les affaires européennes, les politiques publiques et une palette bien plus large encore.
Sciences Po Bordeaux
Depuis 1948, l’IEP bordelais propose un éventail de spécialisations : affaires publiques, communication politique, stratégie métropolitaine, intégration européenne, et plus encore. En quatrième année, les étudiants choisissent parmi une vingtaine de parcours, de quoi affiner leur projet avec précision.
Sciences Po Strasbourg
Créé en 1945, l’institut alsacien a la cote auprès des étudiants français. Ses formations sont fortement orientées vers la finance et l’économie. Premier cycle : économie, droit, histoire, sciences politiques. Au second cycle, cinq filières sont proposées, dont études européennes, économie et finance.
Sciences Po Grenoble
Ici, la collaboration avec l’école de journalisme de Grenoble enrichit l’offre de formation. De nombreux masters sont accessibles, avec une dominante affirmée en sciences sociales et politiques. L’établissement trace ainsi une voie solide pour celles et ceux qui veulent conjuguer analyse et action.
Au bout du compte, derrière l’étiquette « Sciences Po », dix chemins distincts attendent les candidats. À chacun de repérer la trajectoire qui lui ressemble, là où les ambitions trouvent matière à s’épanouir et où les portes s’ouvrent sur des possibilités concrètes. Le vrai choix, c’est celui qui construit la suite de l’histoire.


