En France, la PACES a été supprimée en 2020, mais certains étudiants poursuivent encore des cursus médicaux sans jamais passer par ce premier filtre. En Belgique, chaque année, des candidats français réussissent à contourner le numerus clausus hexagonal en intégrant des universités francophones via le concours d’entrée, sans avoir suivi le même parcours que leurs homologues locaux.Des passerelles universitaires, des équivalences, et des diplômes européens permettent aujourd’hui d’accéder à la profession médicale sans respecter le schéma académique classique. Plusieurs établissements proposent des solutions concrètes, parfois méconnues, pour franchir les obstacles administratifs et académiques.
Pourquoi le parcours classique en médecine n’est pas la seule voie possible aujourd’hui
Impossible d’ignorer les secousses qui ont traversé les études de médecine ces dernières années. La réforme des études de santé a bouleversé la donne, faisant tomber l’obligation quasi unique de passer par la PACES. Désormais, accéder à la faculté de médecine ne relève plus d’une unique tentative : le PASS (parcours d’accès spécifique santé) et la licence option santé multiplient les points d’entrée. Les candidats venus d’horizons variés peuvent aujourd’hui envisager la médecine sous un autre angle.
La sélection ne dépend plus seulement de l’épreuve couperet de première année. Les passerelles universitaires existent : elles offrent à des étudiants venant d’autres filières, dotés d’un solide dossier, la possibilité de rejoindre la formation médicale après une première ou plusieurs années d’études supérieures. Une alternative réelle pour qui envisage devenir médecin en cours de route, ou souhaite réorienter son parcours.
Si l’on jette un œil vers la Belgique, on retrouve chaque année des étudiants français tentant leur chance. Là-bas, le système repose sur un concours d’entrée, un fonctionnement différent, où l’obtention du diplôme d’État de docteur en médecine prend une autre voie et offre une nouvelle reconnaissance. Les équivalences européennes permettent ensuite de revenir exercer dans l’Hexagone, à condition de bien anticiper chaque étape une à une.
Le modèle unique d’hier s’efface, laissant place à une mosaïque de parcours, où chaque histoire médicale débute selon ses propres codes. Fini le monopole du chemin unique vers le stéthoscope : le secteur s’ouvre, la diversité grandit.
Quelles alternatives existent pour devenir médecin sans passer par la filière traditionnelle ?
Se former à la médecine ne signifie plus forcément suivre la voie classique. Plusieurs alternatives concrètes permettent aujourd’hui de devenir médecin sans respecter à la lettre le schéma d’autrefois. Voici un tour d’horizon des chemins possibles :
Les passerelles universitaires
Pour certains profils, il est possible de candidater à une passerelle : ce dispositif vise les titulaires d’un master, doctorat ou diplôme équivalent (par exemple en pharmacie, science, ingénierie, droit, éducation, ou odontologie). Après examen du dossier de candidature et un entretien, les candidats sélectionnés intègrent directement la deuxième ou troisième année du cursus médical, sans repasser par la première année dite classique.
Les formations à l’étranger
D’autres étudiants préfèrent tenter leur chance en Belgique. Là-bas, le parcours débute par un tirage au sort puis un examen d’entrée, escamotant le concours français. Le diplôme obtenu peut ensuite faire l’objet d’une procédure d’équivalence pour permettre l’exercice en France.
Il existe aussi des passerelles réservées aux professionnels de santé : après quelques années d’expérience comme pharmacien, sage-femme ou dentiste, une candidature directe en médecine devient envisageable. L’expérience sur le terrain est alors un atout et enrichit la relève médicale.
Les pass parcours santé et les licences option santé ouvrent également l’accès à la deuxième année de médecine après avoir validé une première année dans une autre discipline. C’est une voie sûre pour amener des profils variés, tout en imposant une sélection solide.
Étudier la médecine autrement : focus sur les passerelles, cursus à l’étranger et options en Belgique
Les passerelles universitaires constituent un levier efficace : elles ciblent les détenteurs d’un diplôme de niveau master ou supérieur, parfois déjà engagés dans la vie professionnelle ou la recherche. Admission sur dossier, entretien sérieux, et la possibilité d’intégrer la formation médicale directement en cours de route. Le raccourci est réel, mais il nécessite d’avoir mené à bien un premier parcours formateur.
Partir à l’étranger séduit chaque année de nombreux étudiants français, notamment en Belgique : la procédure est stricte et le filtre de la sélection reste fort, même si la méthode diffère. Étudier chez nos voisins implique de s’immerger dans un autre système et de préparer consciencieusement le dossier d’équivalence pour revenir pratiquer en France. Mieux vaut s’y préparer, chaque détail a son importance.
On voit aussi de plus en plus de professionnels de santé expérimentés bifurquer, après quelques années d’exercice, vers la médecine via ces fameuses passerelles. Ce choix forge des équipes aux profils pluriels et à la palette de compétences élargie : une vraie richesse pour le métier comme pour les patients.
Ressources, contacts utiles et conseils pratiques pour concrétiser ton projet
Lorsque l’on veut vraiment devenir médecin sans passer par la voie typique, plusieurs ressources et appuis peuvent affiner le projet. Consulter le site web des universités qui mettent en place des passerelles est un premier réflexe utile. Les calendriers, critères, dossiers à réunir ou encore particularités de la lettre de motivation, tout est détaillé dans l’espace admissions de chaque faculté.
Se faire accompagner peut aussi peser dans la balance : solliciter un service d’orientation universitaire ou demander un bilan de compétences auprès d’un organisme agréé. Ce regard extérieur permet d’aligner le projet, d’argumenter son parcours et cibler les bonnes étapes. On peut aussi mobiliser diverses aides financières : bourses, compte personnel de formation (CPF), projet de transition professionnelle. Sans oublier l’inscription universitaire, la contribution vie étudiante ou différents dispositifs complémentaires pour alléger le budget.
Le cas belge, lui, exige de prendre contact avec le service des équivalences pour faire reconnaître son diplôme et anticiper les délais administratifs. Les associations étudiantes très actives partagent conseils, astuces et retours d’expérience utiles pour clarifier les démarches. Rassembler bien en amont les diplômes, relevés de notes, attestations de stages ou certificats de langues fait gagner un temps précieux. Les activités extra-universitaires comptent aussi, elles révèlent une implication qui pèse toujours dans la sélection des dossiers.
Au fond, la blouse blanche n’est plus réservée à une poignée ayant franchi un unique obstacle. Ceux qui choisissent des détours, explorent, insistent et inventent peuvent eux aussi écrire leur histoire médicale. Le champ des possibles s’est ouvert : reste à le parcourir, déterminé et bien informé.


